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David Karape








Combien de lieux,

combien de temps


poésie



















éditions Dédicaces








Combien de lieux, combien de temps


© Copyright - tous droits réservés à David Karape

Toute reproduction, distribution et vente interdites

sans autorisation de l’auteur et de l’éditeur.



Couverture : Carolyne Macmillan

(Huntly, Nouvelle Zélande)








Dépôt légal :

Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Un exemplaire de cet ouvrage a été remis

à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte










Pour toute communication :


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info@dedicaces.ca


David Karape








Combien de lieux,

combien de temps






Quand l'orient et l'occident se croisent


C'était la nuit dernière

Avant l'exercice du testament,

Qu'un buveur entre dans le salon de Gouve,

Et achète un collier très long et très intéressant.


Encore, afin de témoigner

Son grand respect pour les filles de rue

Il le prit et ce collier tomba et se cassa,

Et les femmes passantes récoltèrent les pièces dormantes.


En cette urgente manière

Les femmes entassées, blondes et brunes,

Passent leur route et vont ramasser

Des diamants qui roulent désormais.


Pour obtenir ce don inavoué

Elles tranchent et coupent leurs vêtements,

Une faim approfondie, qu'elles ont comme des louves,

Elles se battent de cette manière urgente.


Ce petit et fatigable va-et-vient

Continu jusqu'au matin du lendemain,

Des diamants se cachent et se retrouvent -

Beaucoup de gens, des milliers de gens.


Plus d'ambitions et plus d'argent -

C'est la condition, dont se trouvent

Les dames, qui demandent à leurs amants

Une nuit dernière, non oubliée.


Les femmes françaises et étrangères -

En Bouillantes et presquecrues,

Entrent dans cette mise en scène

Chaque fois et régulièrement.




Des diamants dans les mains,

Une chaleur dans les seins,

Le rythme de pulsation accrue,

Et un désir voluptueux de manger.


Très bien, alors passons

Aux effets énormes des passions.

Une vie incroyable

Peut devenir enviable

Et désireuse,

Si heureuse,

Dans les affaires de coeur

Encore battante, mais déjà morte.


D'abord,

C'était Pépin, le voleur,

Qui portait un veston rose,

Mais de nature toute en prose.

Ces deux choses en ensemble,

Sont un peu semblables

Aux portes ouvertes que nous laissons

Pour entrer par la fenêtre à la maison.


Ce Pépin

Adorait une femme,

Qui habitait dans une pièce rouge,

Dont les allées gauche et droite

Donnent surtout sur le champ.


Sur la glace de la lampe

Comme sur le ciel noir

Veulent s'asseoir

Des corneilles qui touchent

Affamées

Du pain.




Une maison…

La façade - sur la forêt noire.

Des fenêtres - toujours ouvertes,

Et des balcons - très exubérants,

Et le soleil caché par les arbres.


Un parfum déplorant et âpre

S'écoule de la cheminée vibrante

Avec la fumée grise et verte

Qui veut, ce soir

Faire débauche - ruiner la maison.


Cette fumée opale

Crée une flamme

Qui jamais ne bouge.

La flamme en voile,

Qui dévore et n'épargne pas.


Un bonheur retrouvé

En recherchant si longtemps

Et des fautes en dizaines fabriquées,

Et déjà résultées aux années perdues

Avec les personnes trompées

Et battues,

Avec lesquelles je ne reviendrai jamais

Et ne surviendront que les symboles embaumés.


Un bonheur - bon ou mauvais,

Que jamais et personne ne m'ôta.

Un bonheur, sur lequel

On peut passer les grilles de Dieu.

Un bonheur, même ombré,

Et gâté avec toi,

Tes indications amères,

Tes précautions sur l'orage dans la mer.




Pépin travaillait à la mer,

Qu'il hâtait et aimait comme l'enfer.

Il était adroit pêcheur -

Les poissons, qu'il avait, étaient savoureux.

Au mois d’août

En cachant ses bras en beurre

Pépin se décide d'empêcher

Le mariage de sa femme avec un Moureau.

C'est parce qu'il piétinait autour

De cette femme, pompeuse et pompée,

Pépin appliquait ses cerveaux très lourds

Pour comprendre la route de la vipère.


Moureau, le forestier,

Il travaillait de temps en temps

Le matin, la journée, encore le soir.

Et la nuit, il dormait comme un porc.


Le samedi, il sort

Pour donner ses honneurs noirs

Aux dames

De cette ville habituée.


On peut le voir dans les couloirs

Avec un air sérieux

En marchant sur le sol,

En louant son métier.


Il adorait et buvait l'alcool

Des quantités affreuses,

Comme de l'eau, qu'on boit

Après avoir mangé la viande salée.




Très bien,

Mon ami.

Veux-tu voler

Une femme respectable,

Ou une femme compromise ?

Ça ne fait pas une trop grande différence.

Faire ton affaire

Et pense comment l'organiser.


La misère

D’une tête qui a besoin d’être faite et refaite.

La peur, quand on voit l'ennemie en face.

Les abstractions et impressions très grises.

Les litres de vodka bus et les bouteilles sur la table.

Et les pièces d'un vase brisé et puis collé.

C'est une description vivante, précise et finie

Des intentions de Pépin à la porte de cette femme indienne.


Il bat la porte, qui s'ouvre.

Il entre dans la maison, elle est assoupie.

Il monte les marches -

Étage, encore un étage,

Les marches tremblent.


C'est difficile de trouver sens semblable -

Simplement le mirage

Qui blesse et tranche

Avec baisers, avec soupirs

Comme fait la Joconde au Louvre.


Il l'a vu.

Elle l'indique.

Mais l'amour

Est l'intrigue.




Ou le bésigue.

Très simple, mais lourd.

Quand elle arrive, pudique

Entre deux entrevues.


Et puis ?

Aucune idée.

La seule frustration.

Seulement.

Fatigable exercice.

Et des larmes coulantes,

Et des rires vibrants,

Satisfactions obtenues,

Et rue noire dans la nuit

Avec bagages rassemblés

Et les yeux de larmes aveuglés.


Ces « non » et « oui »

Nous répétons brisés et vidés

De la puissante, mais épuisée passion.

En ces moments

Nous avons une crise

D'un désespoir qui se plante -

C'est un réveil si lent

De la nature dormante.

Et les corps pris et nus

Mutuellement -

C'est un plaisir divin, oui.

L'amour dans le champ de blé -

Les cœurs et les herbes brûlés -

Et puis vraiment

Nous avons dans les mains

La nausée de la vie

La saleté d'une ville.




L'orient et l'occident se croisent

Sur le chemin conduisant à l'enfer,

Parce que la vie se passe très souvent

Comme une jeu comique et tragique en même temps.


Et si la finale approche,

Quoi entreprendre ? Et que faire ?

Dormir au soleil ou crier dans le vent,

Ça dépend du sujet, que Dieu inventera.


Alors, le voleur et viveur libre

Ce Pépin reviendra aux actions quotidiennes,

La dame violée l'oubliera, il se fera oublier par les autres…

Et Jouvet, respectable, se mariera avec un plaisir convenu.


À la suite de ces mouvements andouilles

La journée précédente, va et la journée suivante vient.

On enseigne des leçons, on voit des maisons

Qui s'assoient dans la fatigue, ou se tiennent debout.


D'avoir, d'être et de posséder

L'amour, l'amoureux et l'amante,

Qui va finir, qui fait souffrir et qui trompe ?

Parce que c'est réglé par lois anciennes du monde.


Chaque personne doit être aidée,

Comme perdu dans le désert, un nomade,

Comme la société civile rendue à se rompre,

Comme un Sisyphe cassant ses chaînes qui abondent.


Combien de lieux, combien de temps


C'est la nuit,

Et l'étoile dormante

Sur ma route célestin,

Conduisant au dehors du monde.


L'ennui, c'est l'ennui,

Qui demande du vent

Obligatoirement,

Comme les pluies à Londres.


Combien de lieux !

Combien de temps !

On recherche le mieux,

Mais l'oubli on ne trouve pas.


Quand une femme

Se met sur notre chemin.

Nous la gardons

Avec un soupir si tendre.


Ça arrive souvent

Une main dans l'autre main,

Des âmes qui se pardonnent

En promettant de ne pas vendre.


De ne pas être vendu.

Au magasin d'antiquités,

Aux foires, aux enchères.

Et dans une société renouvelée.


- Moi, c’est comme toi !

- Je ne pourrai jamais te quitter

- Ne devient pas étranger, mon cher

- C’est très bien d’être unis, d’entremêler…




Combien de lieux !

Combien de temps !

On recherche le mieux,

Mais l'oubli on ne trouve pas.


La nausée.

Pour apprendre à vivre.

Et passer cette vie

Sans espoir aucun

Et même désespoir.


Nos natures exposées

Dans de vraisemblables livres.

Nos sentiments inassouvis -

Au blanc écran,

Dans la salle noire.


Rires et sourires - quand on voit

Son image des temps adolescents,

Après les années très longues,

Qui s'écoulent comme fantasme imaginé.


Ces portraits de personnes très gênées -

L'air en lumière, la vie en prologue.

Une fraîcheur lointaine on sent,

Qu’il est si difficile de revoir plus tard.


Tu te souviens

Des bateaux sur le lac,

Si calme et si battant -

On vient

Les ondes, qui se claquent

Aux pensées immobiles en attente.


De plus en plus

Nous devenons très vieux

Comme les chênes dans une forêt rajeunie

Comme les louves oubliant de voler.



Et ce blues.

Ce blues sans début et sans fin.

Il blesse, il casse - une mélodie jolie,

Parce qu'il casse ce qu'on ne peut pas coller.


Combien de lieux !

Combien de temps !

On recherche le mieux,

Mais l'oublie on ne trouve pas.


La mémoire

Nous invite à s'asseoir.

Elle déclare. Et elle peint

Notre vie qui s'éteint.


Nous invite à s'asseoir

... La mémoire.

Elle mendie si vivement

Notre mort éclaboussant.


Je me trouve toujours

Dans un rêve :

Dans le même hôtel

Avec le va-et-vient usuel.


Le matin de chaque jour

Je me lève,

Et je cherche comment m'ôter

De ce cauchemar et de ses poids.


Que peut signifier ?

Reproduction d'une vie passée si longtemps ?

Ou l'enfer qui nous attend

Nous séduisant de sons et de couleurs ?




D'être fier

D’être présent à ces cancans,

Sans reproches et sans réprimandes -

C'est une douleur.


Douleur inventée.

Inventée par Dieu.

Et ce Dieu, qui veut chuchoter

De faiblesse humaine.


Vanter et être vanté,

Aimer le cheval que nous frappons,

Sauter vraiment sous terre -

Ces tentations nous font si vaines.


Cette vie qu'on nous donne

Sert d’intermédiaire

Entre nous et le ciel

À être bien préparés

Et encore examinés

Pour des qualités innées et... puis perdues.


Perdus dans l'obsession du monde,

Dans un bruit des stations balnéaires,

Et quand on mange du gâteau au miel,

On mange comme si la faim est apparue.

Et les gens piétinent affamés

En ignorant les missions qui sont dues.


Combien de lieux !

Combien de temps !

On recherche le mieux,

Mais l'oublie on ne trouve pas.


Alors que l'homme vivra,

Avec une femme, il fera l'amour,

C’est clair telle une chose inévitable,

Qu'il sera une marionnette inaperçue.



Ce sens aveuglant et tirant

Ne fait qu'une chose abasourdie et lourde

De cet homme, buvant à la table,

Dont les pensées sont au-dessus...


Au-dessus de la tête.


Chacun de nous est en dette,

Avec un enfant qui grandit,

Et des parents, en les soutenant,

De la femme avec laquelle on dort.


Des lois sociales se mettent

En scène maudite.

Par ailleurs les instincts sales et laids -

Pour tous, il y a une source de larmes.


Et l'homme,

Créant des difficultés,

Et conquérant un pays nouveau,

Sent sa force venir de l’horizon.


Mais seul, il y a besoin d'une gomme

Pour supprimer et effacer la vie occultée,

Pour parvenir à la terre promise et retrouvée,

Et pour comprendre le seul livre que nous lisons.



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